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FRAUDE AUX COMPTEURS: LE FLÉAU DES MARCHANDS VO

La fraude aux compteurs kilométriques est une problématique très sous-estimée, qui coûte aux consommateurs européens plus de 9 milliards d’euros par an. L’ampleur du phénomène varie de 10 à 50% des véhicules d’occasion selon les pays.

Ces pratiques ont aussi un impact négatif sur la sécurité routière et l’environnement et crée une concurrence déloyale dans le marché du véhicule d’occasion.

Pour le client, le trafic des compteurs peut mener à une hausse de prix injustifiée des véhicules allant de 2000 à 5000 euros.


Les recherches montrent que cette pratique est plus répandue lors des ventes transfrontalières de voitures. Les compteurs de 30 à 50% des véhicules d’occasion importés ont été manipulés contre 5 à 12% des ventes nationales.

Cette pratique affecte de façon négative la relation de confiance entre les consommateurs et le marché des véhicules d’occasion, en en faisant l’un des secteurs les moins fiables aux yeux du consommateur.

Avec une très large majorité (91%), le Parlement européen vient d’approuver un rapport qui propose une série de mesures équilibrés pour lutter contre la fraude. Il est question de nouvelles contraintes techniques pour éviter que le compteur des nouveaux véhicules puisse encore si facilement être trafiqué. Le Parlement Européen demande aussi à la Commission d’élaborer dans l’année un cadre législatif obligeant les Etats membres à recueillir les kilométrages et l’échange de ceux-ci au niveau international.

En  ce  qui  concerne  les  solutions  techniques,  il  convient  de  souligner  que  les  compteurs  kilométriques ne sont pas suffisamment sécurisés et protégés dans la majorité des véhicules vendus dans le monde. Des manipulations peuvent être effectuées facilement et à bas coût par des mécaniciens et par des experts. Actuellement, aucune législation n’empêche la vente d’outils  de  reprogrammation  électronique  de  compteurs  kilométriques,  qui  peuvent  être  achetés en quelques clics sur l’internet.


Comment se protéger : 

Lorsqu’ils  informent  les  clients  sur  l’exactitude  du  compteur  kilométrique,  les concessionnaires automobiles utilisent habituellement une des méthodes suivantes:

• une présentation de l’historique d’utilisation du véhicule/journal de bord

• la preuve de l’existence d’un certificat officiel, comme le «Car-Pass»

• une assurance verbale

• la  possibilité  pour  les  consommateurs  de  contrôler  eux-mêmes  visuellement  le  compteur kilométrique

Pour obtenir des informations plus fiables que celles données par le compteur, il est possible de se pencher sur l’historique du véhicule. Les dates des visites pour entretien sont consignées sur un livret, le kilométrage étant également indiqué.

Les compteurs à rouleaux, pour les bricoleurs, ne posent pas beaucoup de difficulté en termes de manipulation des chiffres. Pour détecter ce type de fraude, vous pouvez surveiller l'alignement des chiffres qui peuvent se retrouver décalés. Si c'est le cas, méfiance. Vous pouvez aussi regarder l'état des vis de fixation des rouleaux sur le combiné. Si elles ont été touchées pour le démontage, elles présenteront des traces de dévissage/vissage.

Autre méthode pour les compteurs numériques : si vous en avez la possibilité, montrez le véhicule à un concessionnaire de la marque. En branchant la voiture sur sa valise de diagnostic et de contrôle, il pourra le plus souvent vous donner le kilométrage réel, en cherchant dans les mémoires des boîtiers.


Les instruments qui peuvent vous aider : 

  • Le stockage des relevés kilométriques dans différents instruments de bord de sorte que, si l’un d’entre eux est manipulé, les autres peuvent encore afficher et rétablir le véritable kilométrage. Ainsi, les informations peuvent être récupérées à un stade ultérieur, par exemple lors d’une transaction.
  • L’installation  de  puces  sécurisées/de  dispositifs  à  semi-conducteurs  au  cryptage renforcé. Les systèmes intégrés au véhicule contiennent tout ce dont ils ont besoin. Un grand nombre de véhicules actuels sont déjà équipés d’une technologie de sauvegarde des informations relatives à la sécurité (par exemple des systèmes antivol ou antimodification).
  • L’installation d’un nouveau logiciel clignotant: à chaque fois que le système de sécurité  du  véhicule  détecte  un  piratage  anonyme,  la  lumière  du  tableau  de  bord  clignotera.


Quelles-sont les mesures ailleurs ? 

Dans  l’Union  Européenne,  ce  n’est  que  depuis  peu  que  les  informations  sur  le kilométrage  sont  échangées  au  niveau  transfrontalier,  en  particulier  entre  la  Belgique et les Pays-Bas et entre les Pays-Bas et la Slovaquie.

Les premiers mois de cette coopération semblent prometteurs: on a en effet pu observer une nouvelle réduction du taux de manipulation du compteur kilométrique.


Dans l’Union européenne, deux initiatives couronnées de succès ont été mises en œuvre au niveau national au cours des dernières décennies dans le but de limiter la manipulation du compteur kilométrique: le «Car-Pass» belge et le «National AutoPas» néerlandais.

Un  «Car-Pass» est un document sur lequel figure l’historique kilométrique d’un véhicule, c’est-à-dire les valeurs de lecture du compteur kilométrique et les dates auxquelles elles ont été enregistrées. Les valeurs de lecture du compteur kilométrique sont relevées à chaque entretien et service de réparation  mécanique,  électrique  ou  électronique,  ou  lors  du  remplacement  et  de  l’assemblage  de  pièces,  d’éléments  et  d’accessoires  du  véhicule.  Les  données  collectées doivent être transmises à l’ASBL Car-Pass au moyen d’un logiciel professionnel spécifique ou de l’enregistrement des données par l’intermédiaire du site internet de l’ASBL.

Depuis, le pourcentage de manipulations des  compteurs kilométriques  des  voitures  immatriculées  en  Belgique  a  chuté  de 8,6 % en   2006 à près de 0 %  en  seulement  deux  ans.

Aux Pays-Bas,  la  manipulation du compteur kilométrique est considérée comme un fait punissable depuis le 1er janvier 2014. En outre, il est obligatoire d’informer la RDW (l’autorité nationale chargée de l’immatriculation des véhicules et des  permis  de  conduire) du kilométrage de toutes les voitures particulières et de tous les véhicules utilitaires légers (VUL) pesant jusqu’à 3,5 tonnes.

Au début des années 90, on estimait que 13 à 14 % des compteurs kilométriques des véhicules dans le pays étaient manipulés. Juste avant l’entrée en vigueur de la loi de 2014, ce taux a atteint un niveau compris entre 8  et 9 %, pour  finalement  être  réduit  à  environ 1 %  en 2017.


De leur côté, des entreprises privées agissent aux États-Unis et au Japon afin de fournir des rapports historiques de véhicules comprenant le kilométrage